Bill Ross

Bill Ross

Le Jour J, William Ross débarque à Bernières-sur-Mer avec le peloton 14 de la Compagnie « C » des Queen’s Own Rifles of Canada. Il avance ensuite vers Basly, Anguerny et Anisy. Lors des 27 jours qui suivent, le peloton de William Ross est en première ligne, effectuant des patrouilles de contact, de combat, de nuit et participant aux attaques du régiment. Le peloton participe activement à la prise de Brouay, du Mesnil-Patry, de Norrey-en-Bessin, de Bretteville-l’Orgueilleuse, passe une nuit dans le secteur de Gold pour aider des régiments des British Guards à repousser une contre-attaque, puis prend Cairon (en deuxième ligne), Marcelet, et finalement Carpiquet et son aéroport.

Bill Ross raconte son jour J

Notre embarcation a levé l’ancre vers vingt heures le 5 juin 1944. Je suis monté sur le pont cette nuit-là, pour observer l’armada alliée et ses 6 400 navires faisant route sur les voies maritimes dégagées par les dragueurs de mines dispersées par les Allemands.

Lorsque la compagnie C à laquelle j’appartiens atteint la plage codée “Nan” (Juno Beach) face à Bernières-sur-Mer, dans le cadre de la deuxième vague d’assaut, notre principale préoccupation était de repérer les tireurs de précision allemands. Je fus le dernier homme à s’extraire du chaland de débarquement. Alors que je courais sur la plage, l’un de mes soldats appartenant à la section de mitrailleuses me stoppa dans ma course : quelques pas de plus et je marchais sur une mine antipersonnel. Puis nous avons atteint le mur antichar et nous en avons profité pour reprendre notre souffle. Un caporal nous a ensuite ordonné d’aller vers la droite et faire ce pour quoi nous nous étions tant entraînés. Nous avons atteint le centre du village puis notre objectif du jour : un vergé à l’extrémité de Bernières-sur-Mer, où nous avons pris nos positions pour surveiller les environs à travers les herbes hautes.

Pendant ce temps, nous avons attendu l’arrivée des hommes du Régiment de la Chaudière qui étaient accompagnés de chars. Trois d’entre eux se sont approchés le long du mur du château de Bernières-sur-Mer. Un canon allemand de 88 mm était installé à environ 1 500 mètres face à nous et se mit à ouvrir le feu, touchant deux des blindés. Les équipages, blessés, hurlaient et furent brûlés vifs. Je n’oublierai jamais ce moment.